1070 hectares partis en fumée
à Marseille

Après la colère des élus et de l’exécutif, c’est au tour de la justice militaire de se prononcer sur le sort du militaire à l’origine du sinistre qui a ravagé les environs de Marseille en début de semaine. Le sous-officier responsable des tirs à balles traçantes dans le camp de Carpiagne doit être déféré samedi matin au parquet militaire de Marseille. Il se voit reprocher des faits de “destruction de biens et de broussailles par violation délibérée d’une obligation de sécurité et violation de consigne militaire”. Il encourt cinq ans de prison pour le premier délit, deux ans au titre du second. Les tirs de balles traçantes sont prohibées dans les camps militaires du Sud-Est du 1er mai au 1er novembre.
Cet adjudant-chef, un célibataire de 43 ans natif de La Réunion, légionnaire expérimenté de retour d’une mission en Afghanistan, avait exprimé jeudi devant les enquêteurs ses regrets et s’est déclaré anéanti. Il avait ajouté qu’il n’avait pas eu conscience de contrevenir aux ordres, car personne ne l’avait mis en garde en matière de risques d’incendie.”Il alterne des phases d’abattement et de dialogue avec les gendarmes”, a précisé une source proche de l’enquête.
Bardé de décorations, ce sous-officier avait reçu la médaille civile des actes de courage et de dévouement pour avoir récemment sauvé une personne sur une autoroute du Sud. Il devait prochainement recevoir la croix de la valeur militaire.
Lors d’un déplacement à Marseille jeudi, le Premier ministre François Fillon avait promis des sanctions à l’issue des enquêtes pour ce qu’il a dénoncé comme étant “des fautes professionnelles graves”.
1.070 hectares partis en fumée
L’incendie de garrigue aura finalement détruit 1.070 hectares de végétation, selon un relevé effectué vendredi par les marins-pompiers et l’Office national des forêts (ONF). “On espère que la situation n’évoluera plus”, confiait-on du côté des marins-pompiers, ajoutant que “les secours sont toujours actifs sur le terrain. Ils traitent les foyers résiduels”. Quelque 440 soldats du feu, assistés de 130 engins, ont continué vendredi sur le terrain leur travail de “noyage” de l’incendie.

Ils ont été assistés de 100 militaires, des légionnaires pour l’essentiel, qui assurent une surveillance active. Cinquante derniers “points chauds” ont été recensés dans le quartier de Vaufrèges, dans le sud de Marseille, et une cinquantaine d’autres à Carpiagne, lieu de départ du sinistre, à mi-chemin entre Cassis et Marseille, où se trouve le camp militaire incriminé.
L’incendie, le plus important à Marseille depuis 1997, a menacé un millier d’habitations, et détruit une bergerie, une villa et cinq cabanons, sans faire de victime. Seuls trois marins-pompiers, trois policiers et un civil ont été incommodés par les fumées.
L’adjudant-chef (sous-officier) commandant une section du 1er régiment de la légion à Aubagne, a-t-il agi de sa propre initiative ? Dans l’armée de terre, pour obtenir des armes et des munitions, il faut un ordre de mission, signé par le capitaine, commandant une compagnie ou un escadron. Muni du dit document, le chef de section ou de peloton se rend à l’armurerie, dirigée par un sous-officier (adjudant-chef), secondé par une dizaine de soldats. Là on lui remet les armes et les munitions mentionnées sur l’ordre de mission. Tour à tour, les hommes de troupes signent le registre sur lequel figure le numéro de l’arme et le nombre de munitions par militaire.
Comme il le laisse entendre aujourd’hui, le sous-officier, expérimenté, (il revenait d’Afghanistan) n’a pas contrevenu aux ordres de la hiérarchie militaire. Tout porte à croire que l’utilisation de balles traçantes, tous les cinq projectiles, lors des séances de tirs, au camp de Carpiagne, étaient la norme.
Le ministère de la Défense va-t-il faire porter la responsabilité de l’incendie au seul adjudant-chef, alors que c’est toute une chaîne de ce commandement qui est en cause ? Le béret du sous-officier risque de se transformer en sombrero.
Marseille le 25 juillet 2009
http://www.lamarseillaise.fr/soci-t-quartiers/une-pluie-de-cendres-sur-la-ville.html
http://www.lamarseillaise.fr/le-fait-du-jour/riverains-et-pompiers-toujours-en-alerte-2.html
http://www.humanite.fr/2009-07-24_Societe_Des-tirs-militaires-provoquent-le-feu-a-Marseille