Gaston CREMIEUX

Gaston Crémieux

LE PROCES

Ce mardi 22 mai 2012, j’ai assisté à la présentation du film sur la reconstitution (ou « reconstruction historique ») du procès de Gaston Crémieux qui a eu lieu au Palais de Justice, dans la même salle d’audience que celle où il a été condamné à mort il y a maintenant 140 ans.

Ce film, remarquablement bien interprété par des avocats du barreau de Marseille et notamment Roger Vignaud dans le rôle de Gaston Crémieux, a été tourné en une seule prise pas toujours dans de bonnes conditions,  et il démontre tout l’investissement et  la prouesse de ces magistrats pas vraiment habitués à ce jeu de rôle pour une reconstitution d’un procès historique.

Aves dans les rôles principaux:

G. Crémieux :  Roger Vignaud, avocat à Marseille

Le Président :  Jean-Pierre Deschamps, ancien pdt de la cour d’assises d’Aix

Le Procureur :  Sylvie Canovas, vice-procureur TGI Marseille

Les Assesseurs :  Cécile Thibault, conseiller à la cour d’Aix

Benoit Vandermaesen, vice-procureur TGI Marseille

L’Avocat de G. Crémieux :  Sixte Ugolini, ancien bâtonnier.

Je vous invite à vous procurer le DVD pour faire connaitre autour de vous cette période méconnue de notre ville de Marseille à l’adresse suivante: pontsbleus@free.fr

Gaston CREMIEUX

IL Y A 140 ANS,

UNE « UTOPIE ASSASSINEE »

Après le colloque organisé le 30 novembre au Palais du Pharo, sur le site où à la même date, le leader de la Commune de Marseille, Gaston Crémieux, fut fusillé, conférence et débats ont fait revivre, une après-midi durant, l’esprit de cette période insurrectionnelle. Au même moment ou en France, en Europe et dans le monde, la situation économique et sociale devient insupportable.

Ce colloque a fait résonner les échos entre les deux périodes. Cent quarante ans plus tard, le souffle libertaire des communards a bien mérité d’être remis à la lumière et analysé.

Reconstitution du procès de Gaston Crémieux

pour sa réhabilitation

La salle était comble ce vendredi 2 décembre au Palais de justice de Marseille. Plusieurs centaines de personnes sont venus assister à un moment rare dans les annales judiciaires de France : la reconstitution historique du procès de Gaston Crémieux, l’avocat marseillais condamné à mort et fusillé en 1871, sous la Commune. Et cela dans la même salle, où s’est joué, il y a 140 ans, son procès. Avec de vrais acteurs judiciaires, mués en faux acteurs de théâtre. Jean-Pierre Deschamps, ex-président de la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, dans son rôle de président. À peine de composition. « Place à l’Histoire ! » a-t-il lancé.

Le bâtonnier Gavaudan a dit les efforts du barreau de Marseille et l’aide immense des magistrats dans ce projet fou. Dans le rôle du premier rôle, Roger Vignaud, avocat marseillais, spécialiste de Crémieux, auteur d’un livre sur le sujet, s’était fait la tête de circonstance. « C’est un bel avocat. Il fera un bel accusé », résumera joliment le bâtonnier.

Chemise blanche entrouverte, bretelles rouge sang, le cheveu en bataille, le verbe haut, cramponné à la barre, Vignaud, doublure plus vraie que nature de Crémieux, s’est battu comme un beau diable. « Monsieur le président, il sait ce qui l’attend ! » lancera le bâtonnier Sixte Ugolini, l’avocat de l’avocat, en préambule, quand l’intendance avait encore un peu du mal à suivre.

Mais très vite, on entrait dans le vif du procès. On s’y voyait. Cent quarante ans plus tôt, dans cette même salle. Gageure judiciaire jamais tenue. Il avait des idées à défendre, le grand Crémieux, le grand Vignaud. Celle de l’avocat qui mouille sa robe au nom de la cause qu’il entend défendre avec force et noblesse, pour le client qui le mérite, lui qui était devenu le porte-drapeau de la classe ouvrière.

Mais en 1871, on ne rigolait pas. Douze jours d’insurrection du 23 mars au 4 avril 1871. « Je n’ai fait qu’appeler à la paix et à la modération », scandait Crémieux depuis son box. « Foutaise! Foutaise! Son discours était un appel aux armes et à l’insurrection ! » lui répliquait Sylvie Canovas, qui avait hier le rude privilège de porter le fer de l’accusation dans la plaie de Crémieux.

Avait-il harangué les autres ? Avait-il dit : « Le seul pouvoir que nous reconnaissons est celui de Paris et non l’ignoble assemblée de Versailles ? » La Commune de Paris contre le pouvoir de Versailles. Et l’avocate générale redoublait de coups. Crémieux et ses amis, des « héros impies », « une école de la perversité », « une secte communiste ». N’en jetez plus ! Canovas-la-terreur réclamait la mort. Me Ugolini dira son « émotion » et mettra toute son âme en défense. Crémieux sera condamné à mort et fusillé le 30 novembre 1871. C’était hier.

(voir vidéo):http://www.lamarseillaise.fr/le-flash/reconstitution-proces-cremieux-vendredi-2-decembre-2011-a-marseille-24978.html

« Nous venons enfin, de tourner une page de  l’histoire de La Commune de Marseille, en réhabilitant la mémoire de ce Grand HOMME qui a participé à une époque de notre histoire dont on peut encore aujourd’hui faire référence avec honneur et fierté. »

Il ne reste plus qu’à souhaiter que dans les livres d’histoire de nos enfants cet ultime épisode, 140 ans après, soit mentionné.

http://www.humanite.fr/politique/gaston-cremieux-l%E2%80%99avocat-des-pauvres-le-communard-fusille-485513

Journal l’Humanité: « Il y eut bien une Commune à Marseille. 
Plus méconnue que celle de Paris, évidemment, car elle dura moins longtemps (du 23 mars au 4 avril 1871) et eut donc moins de portée. C’est pour sortir l’événement de la demi-pénombre où il est maintenu que les associations Promemo (Provence, mémoire et monde ouvrier) et FTP (Former, transformer, partager) ont organisé, la semaine dernière, un colloque. « Le 140e anniversaire de la Commune est une grande réussite. Il est plus célébré que le 130e qui était passé quasiment inaperçu. Comme si la Commune avait une résonance particulière dans le contexte actuel », a estimé Jean-Louis Robert, historien et président de l’association les Amis de la Commune. La reconstitution du procès de Crémieux a décuplé l’effet « habituel » de la commémoration. Cela permettra peut-être de relancer le débat, initié il y a plusieurs années par les élus communistes marseillais: renommer le grand lycée du centre-ville qui porte le nom de Thiers. »

LE MERCREDI 30 NOVEMBRE 2011 :

de 14h à 16h – Hémicycle de Marseille-Provence-Métropole (au Pharo)

COMMEMORATION des 140 ans de L’EXECUTION de

GASTON CREMIEUX

Après un premier courrier datant du 4 avril 2006 et de nombreuses entrevues avec le Sénateur Maire de Marseille j’ai obtenu son accord verbal du principe d’une Stèle en mémoire de Gaston Crémieux à l’endroit de son exécution, face au palais du Pharo et à la mer sur la pelouse.

Par un deuxième courrier du 12 Avril 2011 et une troisième lettre, le 26 octobre 2011, à sa demande, je lui faisais cette proposition pour la Stèle : Il nous semble donc, impératif que cette stèle soit installer rapidement et qu’une cérémonie commémorative puisse s’organiser LE 30 NOVEMBRE.

Gaston Crémieux, né le 22 juin1836 à Nimes et mort le 30 novembre 1871 à Marseille, il était un avocat (nommé : « l’Avocat des Pauvres ») français et un jeune blanquiste à la parole ardente et colorée, qui s’illustra, en prenant la tête de la Commune de Marseille, mouvement révolutionnaire inspiré de la Commune de Paris.

Le 29 novembre, Crémieux est transféré au fort Saint Nicolas, il remet son manuscrit au rabbin Vidal et le lendemain, à cinq heures du matin, il écrit une dernière lettre à sa femme. Le 30 novembre 1871, il est fusillé à 7 heures du matin, au champ de tir du Pharo. Il refuse qu’on lui bande les yeux. Au dernier moment, il commande aux soldats sa propre fusillade et les prie (par respect pour ses parents) de ne pas le viser au visage. Il fait face courageusement au peloton d’exécution. Il n’aura pas non plus le temps d’achever son dernier cri : « Vive la Républi… ! »

Il est enterré à Marseille au cimetière Juif contigu au cimetière St. Pierre.

VENDREDI 2 DECEMBRE: de 15h à 18h

reconstitution du  procès de G. Crémieux

au Palais de Justice de Marseille

 (avec l’accord de la Grande Chancellerie)

La Marseillaise le 2.11.2011 G. Crémieux

Un avocat pour les déshérités

Issu d’une famille juive du Comtat Venaissin, paraissant être apparenté au garde des sceaux Adolphe Crémieux (1796-1880), Gaston Crémieux, après avoir trouvé deux emplois de clerc, dont l’un à Paris, s’inscrit à la Faculté d’Aix en Provence, le 14 janvier 1856. Exempté du service militaire comme soutien de famille, il obtient sa licence en droit le 25 novembre 1856 et devient avocat à Nîmes (le 24 mars 1857).

Les difficultés sociales de la classe ouvrière l’émeuvent au point qu’il devient rapidement l’un de ses plus farouches défenseurs. Remarqué par son éloquence et sa générosité, ses collègues le surnomment avec une pointe de mépris, l’avocat des pauvres. S’essayant au journalisme littéraire, il y gagne de beaux succès. En 1857, il fonde avec quatre de ses amis, un journal nommé l’Avenir, surveillé par la police pour lequel il est « dangereux au point de vue politique ».

 Un éducateur et un franc-maçon

En 1862, il quitte le barreau de Nîmes pour celui de Marseille (transfert officialisé le 10 décembre). En 1864, il rentre au Grand Orient de France, dans la loge «La Réunion des Amis choisis.» La même année, il épouse Noémie Molina, dont il aura trois enfants (le dernier prénommé Robespierre en hommage au dirigeant du Comité de salut public).

Ardent franc maçon et partisan de la liberté absolue de conscience, le jeune avocat marseillais s’implique alors, dès 1865, dans la création d’écoles publiques réservées aux adultes. En 1868, naît l’association phocéenne de l’Enseignement, de l’Instruction et de l’Education des deux sexes. C’est l’époque où des francs-maçons blanquistes et républicains (alors jugés d’extrême-gauche) tentent d’entraîner leurs Frères dans la voie de la lutte révolutionnaire, au service des valeurs de la République, démocratique et sociale.

En 1869, il soutient Léon Gambetta, alors marqué comme un radical. Ce dernier est élu député de la cité phocéenne. En dépit de quelques discours et de quelques articles violents, Crémieux n’est pas réellement un homme d’action. Néanmoins, il se veut de tous les combats et devient rapidement un personnage incontournable de la vie politique locale.

 Le temps des Communes

Le 18 mars 1871, commence l’insurrection de la Commune parisienne; le 22 mars 1871, Crémieux prend la tête du mouvement insurrectionnel marseillais. Une manifestation composée de francs-tireurs, de garibaldiens, de gardes nationaux de banlieue et des restes de la garde civique prend sans effusion de sang la préfecture d’assaut. Crémieux marche avec, à ses côtés, le jeune Clovis Hugues, qui brandit le drapeau rouge de la république sociale (mais finira boulangiste !).

Le lendemain, la préfecture est envahie et les autorités destituées. Le Préfet Cosnier est fait prisonnier. Présidée par Crémieux, la commission départementale prend sa place et comprend 12 membres : des Radicaux (Job et Étienne), des membres de l’Internationale (Alérini), de la Garde nationale (Bouchet, Cartoux), et trois délégués du Conseil municipal. L’insurrection victorieuse, Crémieux déclare du haut du balcon de l’Hôtel départemental la solidarité de Marseille avec Paris, appelle la population à maintenir l’ordre et prône la réconciliation. La Commune marseillaise durera quinze jours.

Les dissensions entre la commune et le département occupent les trois jours suivants. Le 27 mars, arrivent quatre délégués parisiens : Landeck, Amouroux, Albert May dit Séligman, et Méguy. Landeck se met à la tête de la Commission, et traite tous les modérés, dont Crémieux, en suspects. Le lendemain, le général Espivent de la Villeboisnet, chef des troupes militaires du département, proclame les Bouches-du-Rhône en état de guerre et se déclare partisan du Gouvernement versaillais d’Adolphe Thiers.

Le 28 mars, l’ordre est rétabli dans les autres villes qui se sont érigées en Communes: Lyon, Toulouse, Saint-Étienne, Limoges, Narbonne…

A Marseille, où les luttes internes atteignent leur comble, la commission du département dissout le conseil municipal. Crémieux refuse que le drapeau rouge soit l’emblème de la commune. C’est avant tout un républicain, comme le rappelle le député Léonce Rousset.

Le 3 avril, le général Espivent fait marcher ses troupes (de 6000 à 7000 hommes) contre Marseille aux cris de «Vive Jésus ! Vive le Sacré-Cœur !». La lutte s’engage le 4 avril; elle va durer toute la journée. Prises en étau entre les marins et les troupes de chasseurs, pilonnées par les canons postés sur la colline de la Garde, le port sous la domination de deux navires de guerre, la ville et la préfecture ne peuvent pas résister longtemps. On compte plus de 150 morts.

Crémieux tente de parlementer, mais Espivent bombarde la cité; après avoir reçu 300 obus, la préfecture tombe le 5 avril à 7 heures du matin. Principal acteur de la Commune de Marseille, Crémieux refuse de s’enfuir. Il est arrêté le 8 avril dans le cimetière juif; son procès commence le 12 juin devant le premier conseil de guerre.

Pour défense, Crémieux rappelle qu’il n’a prononcé que des paroles de paix. « Montrez-moi ceux que Crémieux a fait fusiller, s’insurge son avocat.»

Mais l’accusation veut un exemple. Le 28 juin les débats sont clos. Le jour même, Crémieux à qui l’on reconnaît le statut de prisonnier politique est condamné à mort comme factieux incorrigible et conduit au fort Saint Nicolas puis, le 7 juillet, à la prison Saint Pierre.

Alors que sa femme, ses parents et ses amis tentent de le sauver, la Cour de cassation confirme le jugement. Dans sa prison, Crémieux écrit une pièce de théâtre en cinq actes en vers intitulée Le Neuf Thermidor ou la mort de Robespierre (Victor Hugo dira de lui à sa veuve le public aimera ce talent fier et fin, ajoutant que le public saura mesurer la grandeur du succès de ses œuvres à la grandeur du malheur (dont il fut victime)); le contempteur de Napoléon III demande sa grâce… en vain. Adolphe Thiers, lui-même d’origine marseillaise, plaide pour la grâce d’Etienne et de Pelissier. Il écrit à la femme de Crémieux : « J’aime beaucoup votre diable de mari. Il est un peu trop poète, mais il a du bon sens et nous ferons quelque chose de lui, aussitôt que ses cheveux auront blanchi » Noémie annonce à Gaston qu’il est sauvé. Mais Thiers, comme Scarpia, refusa-t-il la grâce, ou la demande-t-il ? Toujours est-il que le 24 novembre, les deux premiers sont sauvés, Crémieux est condamné.

« La Commission des grâces s’était montrée impitoyable envers cet homme dont les erreurs avaient été partagées par beaucoup d’autres moins durement châtiés, et qui n’était coupable, au demeurant, d’aucun crime de droit commun , dira Léonce Rousset. »

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Un commentaire pour Gaston CREMIEUX

  1. Lescouarc'h dit :

    Bonjour ; Souvent je me rends au palais du pharo face à la mer et je fais face au lieu de son execution … Pas de stèle !… juste une simple et vulgaire pancarte Ex: genre ( Attention aux pelouses ) c’est navrant , j’ y observe les gens qui se rendent sur ce carré et ils n’y voient pas qu’à cet endroit un Gd homme fut fusiller ,tout comme sa maison au 4 rue de rome pas de plaque ? Affligeant

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